Quand t’as besoin d’un gros dépaysement !


Aurélien, le 13 mars 2017 à 13H37

Alors que les beaux jours commencent tranquillement à s'installer, avec eux la satisfaction de pouvoir mettre de côté les fraiches soirées enfermés chez moi pour profiter du grand air, je me dis que je devrais me réjouir de retrouver tout cela et pourtant ce n'est pas vraiment le cas.

J'ai le sentiment que je suis arrivé à un moment de ma vie où j'ai vécu et enduré pas mal de choses, où les déceptions pèsent autant sinon plus que ses antonymes, où mes priorités ne sont plus les mêmes. Tu sais ce sentiment où autour de toi, pour tes amis et autres, tout va bien dans le meilleur des mondes et la vie suit son cours normal ; je suis peut-être Candide mais vraiment j'ai l'impression d'être grave à la traine. Je me rends compte, au final, que les jours, les mois, les années se suivent et se ressemblent. De fait, je pense qu'un changement est nécessaire pour pleins de raisons.

Alerte exutoire !

Dans ma vie, peu de choses se sont passées comme je l'aurai vraiment souhaité, les études, le boulot, les amours, les amis, la famille ... et du haut de mes 33 petites années je peux affirmer que ma vie est remplie de petits plaisirs ici et là, lesquels j'empoigne avec gourmandise mais pas de grand frisson, pleins de béguins mais pas de grand amour. Difficile de poursuivre ses choix, ses voies, quand on a la confiance méfiante et finalement peu d'assurance.

Ma seule véritable réussite c'est mon boulot. Je n'imaginerai pas une seule seconde devoir aller au boulot à reculons, je plains très sincèrement ceux pour qui c'est le cas ! J'ai très clairement su ce que je voulais faire assez tôt finalement mais comme les études ne m'intéressaient pas, le chemin pour arriver où je suis maintenant fut relativement tortueux, c'est peu dire, je me serais bien passé de certaines étapes ... perte de temps. Ceci étant, ça reste une très belle démonstration du "quand on veut, on peut" et du "la persévérance finit toujours par payer" et puis si les événements ne s'étaient pas enchainés de cette façon, mon discours serait peut-être tout autre à propos du boulot. Bon, perte de temps quand même.

Comme il s'agit, sans l'ombre d'un doute, d'une partie de ma vie pour laquelle j'ai toute confiance et parfaite assurance, alors tout le reste s'organise autour de celle-ci et la routine s'installe. Avec le temps, la routine est tellement huilée qu'elle en devient malsaine, pire elle tourne à l'assuétude, genre chaque journée est minutieusement programmée, pas de surprise, impossible de se paumer et tout cela devient un besoin.

Et puis un jour quelque chose de différent croise ma route, un petit changement qui aurait pu être anodin et s'effacer dans la masse des petites choses qui se passent tous les jours ... mais non. C'est le truc con qui fait que je regarde tout ce que j'ai fait, tout ce que j'aurais pu faire, tout ce que je n'ai pas fait, surtout tout ce que j'aimerai faire et évidement c'est un énorme coup de blues.
C'est juste effrayant en fait !

Pour ne rien arranger, j'ai une forme très aiguë du syndrome de Peter Pan ; la plus grande peur de ma vie c'est vieillir, ça me terrifie rien que d'y penser bordel ! Depuis que j'ai passé les 25 ans, je déteste les 6 novembre où on porte à mon attention qu'une année de plus s'est écoulée, forcément je fais le bilan des choses que je m'étais promises de faire ou d'améliorer et puis rien, pas de changement. Il ne s'agit pas de venir se conformer à un modèle établi, je n'ai strictement rien à carrer de ce que peuvent penser les autres de moi mais j'ai un énorme besoin d'auto satisfaction, c'est comme cela que j'avance et c'est une de mes premières sources de plaisir ; Et pour moi, le plaisir, sous toutes ses formes, c'est clairement le but de la vie ou alors j'ai rien compris. C'est pour cela que vieillir me terrifie, j'ai peur de partir sans avoir fait ce que je voulais faire.

C'est ce qui m'amène à penser que j'ai besoin de changement ... Je n'ai pas envie de tout lâcher pour aller élever des chèvres dans le Larzac, j'aime trop mon boulot pour en changer et aller tripoter des chèvres, mais bordel de merde j'ai grave besoin d'un dépaysement de malade ! J'ai envie d'un truc brutal, devoir découvrir un nouvel environnement, une autre culture carrément, des gens que je ne connais pas, n'avoir aucun repère.
J'ai envie d'aller quelque part et me paumer !
Mais voilà, c'est le genre de truc qui me fait peur ...

J'ai peur parce qu'un changement voudra forcément dire exploser mes zones de confiance, mes refuges. Parce qu'un changement peut très bien apporter quelque chose de mieux mais aussi éventuellement quelque chose de moins bien voire ultra merdique. Mon esprit cartésien déteste l'idée de mettre en balance autant d'inconnues, le changement c'est une équation difficile pour moi. C'est difficile de trancher, s'accommoder de quelque chose de simple et connu mais qui ne marche pas vraiment ou plonger dans l'inconnu total. À ce stade, pour moi c'est juste l'incertitude et c'est vraiment pesant.

Et puis, il y a cette faculté assez bizarre, je crois comprendre que ce n'est pas commun du tout ... il se trouve que j'arrive à contrôler mes rêves ! Alors c'est con mais c'est quelque chose d'assez puissant, limite dangereux, parce qu'on pourrait presque s'en contenter. Sans déconner, je ne fais littéralement jamais de cauchemar, dans mes rêves je dirige tout de A à Z et il n'y a que des issues favorables. Le moment où je commence à m'endormir est devenu un de mes moments préférés de la journée, c'est précisément où je suis le plus capable de contrôler mes rêves et surtout de m'en souvenir. Je suis clairement un rêveur et j'ai une tonne de rêves. Cela étant, je ne me suis pas encore laissé avoir par mon imaginaire, je suis bien ancré dans la réalité, c'est peut-être un problème d'ailleurs.

Alors je ne sais pas, je ne sais plus, mais tout cela me gonfle et ça me ronge petit à petit d'autant plus qu'en ce moment j'y pense énormément, ça en devient lancinant. J'envie profondément ceux qui ont la chance de pouvoir réfléchir à tout cela à deux, je n'ai jusqu'ici jamais eu l'occasion de trouver une personne si exceptionnelle (en fait si mais j'étais beaucoup trop jeune quand ça aurait pu être le cas). Après, comme j'ai tendance à régler toutes les choses qui me font peur sur un coup de tête, un coup de violence, peut-être que je vais finir par péter un câble et me barrer en Islande, parce que, dans 10 ans, l'Islande c'est la côte d'azur hein !

Bref ...

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